Intelligence digitale et Data : moitié humain, moitié…

« Mâcher les mots, non pas pour les étouffer, mais bien pour les incorporer, pour prendre le temps de la mesure nécessaire à la compréhension et l’incorporation du monde qu’ils contiennent et décrivent. » (1) . Cette semaine, plusieurs mots ont retenu mon attention.

cloud august

Quand social media, data, big data (et non je ne dirai pas méga données !) et algorithmes mutent nos imaginaires sociaux, c’est la porosité entre mythes, fantasmes et réalité : les rats de bibliothèque cèdent la place aux souris de bibliotech, les livres au cerveau de poche, Centaure à Cyborg et le mouton du Petit Prince au soulier de Cendrillon.

  • Bibliotech

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Les rats de bibliothèque sont tristes. Terminés ! les assemblages de feuille de papier, les piles de livres menaçant de s’écrouler, les livres en rangs serrés sur les rayons, les belles et vieilles reliures, les petits mots glissés entre les pages, les odeurs de l’encre et du papier… Adieu poussière, sur les étagères, entre Baudelaire et Prévert ! C’est officiel : la bibliothèque n’a désormais plus de livres et s’écrit Bibliotech. La première a été créée au Texas, tandis qu’une autre est en train de voir le jour en Floride. Les livres y sont des ebooks, les contenus sont dématérialisés et les catalogues numérisés. Que vont devenir la bibliothèque bleue, la bibliothèque rose et la bibliothèque de gare ? Et quid du livre de chevet, du livre de poche et du roman de gare ? Ne paniquons pas : quand les rats ne sont pas là, les souris dansent ! La SNCF vient déjà de rebondir sur le phénomène en lançant la bibliothèque digitale TER. Il s’agit d’une bibliothèque d’ebooks gratuits adaptés à la durée des trajets en TER des voyageurs.
Alors oui c’est vrai, peut-être que sémantiquement parlant, on n’aura plus « le nez dans les livres », mais tant qu’il n’est pas dans le ruisseau…
Lisez… vous êtes « geekisés » !

  • Cerveau de poche

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Pouah !!!! Quand Gavroche faisait les poches à quelqu’un, il pouvait y trouver un carnet, un couteau, une lampe, un livre et aussi de l’argent. Bientôt il pourra y trouver le lieu de la cogitation de sa victime, l’organe de la conscience du Sieur ou de la Dame : c’est-à-dire son cerveau ! De la taille d’une puce, il s’agit du « cerveau de poche », une interface homme-machine, une intelligence artificielle modélisée à partir d’une intelligence individuelle. Son but est de rendre plus intelligent, plus concentré. Terminé ! l’excuse du « rhume de cerveau » du lundi matin ou du « lavage de cerveau » du week end. Au marché aux puces, il y aura un cerveau pour toutes les cervelles. Et selon le porte-monnaie, tout le monde pourra avoir un cerveau bien fait.
I have a dream à propos de ce deuxième cerveau : que les personnes atteintes d’alzheimer, et de parkinson se disent et nous disent : c’est dans la poche. Aux dernières nouvelles,IBM  vient de dévoiler TrueNorth, un cerveau ultra-puissant de la taille d’une puce.

  • Armure robotique

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Au Moyen-âge, on portait une armure, à l’ère digitale, on parle d’armure robotique. Tout a commencé avec la chaise motorisée. En aluminium et en fibres de carbone, cette chaise ne dépassant pas les 2kg, ressemble à un exosquelette et est faite pour se positionner sur des jambes fatiguées. Puis il y a eu le tracker LifeTip, mini capteur permettant de suivre l’état de santé de son porteur et d’alerter en cas de problèmes cardiaques.
Terminé ! Centaure, Loup-Garou et Sirène. A l’heure des objets connectés et des algorithmes, le folklore se digitalise et Bioman, Cyborg et Androïdes peuplent nos ebooks et nos cerveaux de poche.

Moitié humain et moitié robot, c’est toi qui y est, c’est toi qui est beau
Moitié humain et moitié machine, c’est toi qui y est, c’est toi qui est …

  • Sciences prédictives

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Quand je serai grand, je serai geek  et riche !!!!  S’il fut un temps où Madame Irma grelottait au fond de sa roulotte à prédire l’avenir, aujourd’hui l’avenir est dans les sciences prédictives et le développement d’application mobiles. Cassandre et Pythie, les stars de la rentrée ? On lance les dés.

  • Couture

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Petite devinette avant de se quitter. Qu’est-ce qui nécessite la dextérité digitale et qui utilise toile et fil de trame ?
La couture ! Cousu Main, le concours de couture de M6 animé par Cristina Cordula a rassemblé près de 1,4 millions de téléspectateurs lors de la diffusion de son premier numéro. Tandis qu’Etam et Naf Naf se « cosmétisent », customisation et couture deviennent la nouvelle mode. C’est le pari de la start-up « Dessine-moi-un-soulier.com», qui propose à ses clientes de créer la chaussure de leurs rêves. Avec Pinterest et Instagram, il y a fort à parier que cette tendance va se décliner sous toutes les coutures, en « Dessine-moi » une robe, un manteau, un chemisier, un sac et autres accessoires… ! A l’époque du « made in France » et de la personnalisation, on attend de beaux storytelling, mais cousus de fils d’or (siouplaît) et de belles success stories, sans se battre plate couture, évidemment !

Sur ce, cérébralement et cybernétiquement vôtre.
Cérébraliens, cérébraliennes à la semaine prochaine !

 

(1) Aurélien Fouillet, 2014, L’empire ludique, Les Editions Nouvelles François Bourin.

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Comment les hommes et les femmes parlent des soldes sur le net ?

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« Mais…. C’est ce que j’viens d’lui dire » !!!?

Incompréhension, ambiguïté, confusion : les hommes et les femmes s’expriment-ils de la même façon ? Les conversations sur le net autour des soldes, sont un bel exemple pour répondre à la question. Si « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus », pour rappeler le fameux livre de John Gray, il y a fort à parier que côté vocabulaire et représentations, les soldes réservent bien des surprises ! Alors avant de lancer la fameuse invitation « Chéri(e), tu viens faire les soldes ?! », attendez ! Il s’agit d’abord de savoir où l’on va et ce qu’on achète. Sinon de Chéri(e) à mauvaise foi, il n’y a qu’un pas !

  • Soldes : femme one point, homme one point

Pour les femmes comme pour les hommes, les soldes consistent à acheter un produit en rabais. Les soldes sont perçues comme un timing séquencé en 2 phases avec un avant et un pendant. Plusieurs comportements y sont associés : les impatients qui attendent les soldes, les allergiques au premier jour, les organisés, les actifs dans l’action de l’achat, les satisfaits versus les insatisfaits et 2 catégories qui ne font pas les soldes, les paniers vides qui n’ont pas le budget et les réfractaires qui n’aiment pas les soldes. Donc jusqu’ici tout va bien sur Mars et Vénus : même objectif, même perception et même comportement. Et pourtant !

  • Si j’avais su, j’serais pas venu(e)

Sémantiquement parlant, les nuages de mots clés vont altérer cette belle mais apparente harmonie. Dans les conversations des hommes sur les soldes, c’est le syntagme nominal « soldes steam » qui est le roi et le lexique est fortement consacré aux jeux vidéos. Tandis que les posts des femmes se concentrent sur le vocabulaire, soit des vêtements « fringues, vêtements, chaussures, robes… », soit de la grossesse « bébé, ventre, accoucher, grossesse… ». Eh oui ! Alors toujours partant pour aller faire les soldes ensemble ?

  • Moi Shéhérazade et toi … ?

Chez les internautes femmes, le terme « soldes » est davantage décliné que chez les internautes hommes. Chez les hommes, il est question de « faire les soldes, derniers jours de soldes, soldé, en soldes, fin des soldes, soldes de mecs, soldeux ». Mis à part « soldeux » et « soldes de mecs », les femmes ajoutent à ces déclinaisons « pré-soldes, ensoldé, soldes privées, première semaine des soldes, grosses soldes, soldes préférées, bien soldé, soldes en magasins, avant soldes, soldes flottantes, soldes bidon ». Les femmes sont devenues des expertes des soldes, et ça se voit dans leurs discours. Elles s’impliquent également davantage dans leurs posts :
Ex : (femme) « A moi les soldes !!! »
Ex : (homme) « Oui c’est vrai. Je suis impatient, je vais enfin pouvoir faire les soldes !! »
Le discours des femmes et des hommes est contextualisé de façon différente. Les femmes « font les soldes pour (quelqu’un) » et « avec quelqu’un ». Elles se dévouent pour leur mari, leur(s) enfant(s). Et elles font les soldes avec des copines, leur mère, leur(s) sœur(s)…Les soldes sont des parenthèses détente, des instants bonheur dans leur vie. Les hommes contextualisent les soldes en fournissant soit des informations temporelles « Passé l’aprem à faire les soldes », soit des informations de localisation « Je go chez (…). 1 article et je rentre chez moi. ».
Les femmes introduisent davantage de descriptions et de détails dans leurs discussions. Côté organisation, elles font des « lists » et des « whishlists », des « pauses déjeuner solde », des « opérations soldes », des « paniers » et des « soldes sur le net »  et elles ont un « budget soldes ». Quand elles passent à l’acte, c’est avec la métaphore du sport ou du combat. Il est question de « marathon » et de « s’attaquer aux soldes ». Comparés à la scénarisation des posts des femmes, les discours des hommes sont plus pauvres. Il est question de « soldes sur internet » et d’ « un jour de congé pour faire les soldes ». Les femmes racontent davantage que les hommes. Elles s’expriment avec des images, contrairement à eux.
Côté sentiments, la différence est également marquée. Alors que les femmes expriment leurs sentiments de façon exacerbée avec une tonalité affective amplifiée, où la satisfaction devient passion voire pulsion, les hommes sont plus modérés dans leurs propos.
Ex : (femme) « J’ai pété un boulon pour les soldes. Gros craquage»
Ex : (homme) « Bon moi j’ai fini mes soldes, adieu à tous»

  • Mars et Vénus vus de la Terre

Mars-Vénus-Terre

Cette distinction Mars, Vénus est très intéressante pour l’analyse automatique des données non structurées et la construction de patterns adaptés au machine learning. Elle reste toutefois très compliquée à gérer. En fonction du topic, de la situation, la distinction reste subtile et d’un discours à l’autre, entre Mars et Vénus, contamination et uniformisation sont toujours possibles. Peu à peu les hommes aussi deviennent des experts des soldes. Ils parlent de « soldes de mecs », de « shopping de mecs » et de « soldeux ».
La distinction Mars Vénus est également importante côté marketing, quand il s’agit de s’adresser aux hommes et aux femmes. Les hommes attendent les derniers jours des soldes pour faire de meilleures affaires, et les femmes pour découvrir la nouvelle collection. Pendant les soldes, l’acte d’achat « hors soldes » et « non soldé » est plus présent dans le discours des femmes que celui des hommes. Par contre pour les uns comme pour les autres, les soldes laissent beaucoup d’insatisfaction ainsi qu’une impression d’arnaque.

 

Laurette Château
Linguiste et marketeuse, j’analyse les conversations et les mots du Web à l’agence digitale SEMANTIWEB.

SEMANTIWEB est une agence spécialisée dans l’analyse sémantico-syntaxique et la lecture marketing des conversations du web (forums, blogs et réseaux sociaux). Sémantiweb offre aux marques un décodage marketing des échanges spontanés du web avec des points de transformation opérationnels et stratégiques pour l’entreprise (veille marché, recherche et développement, marketing produit et communication).

Linguistique et langage du Web : le Big Data est Carpe Diem :-) !

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Radiographie de la société, les mots en véhiculent les représentations. Ils sont narratifs, tandis que la langue se réinvente sans cesse. Avec la société des données, le Big Data, les Social Medias et les réseaux sociaux, elle est d’autant plus sollicitée. La linguistique étudie l’évolution de la langue et le capital stratégique que constitue le langage. Nouveaux mots et façons de s’exprimer inédites, modernes voire parfois inattendues apparaissent, révélant les modes de vies, les goûts, les comportements et leurs transformations ainsi que les envies et les attentes.

Un exemple, la locution « sac du soir » ou « sac de soirée » n’existe pas dans le langage courant en France, mais est présente aux USA et en Asie, avec également a contrario la locution « sac du jour ». En France, ce n’est pas répandu dans les habitudes et donc dans la langue, de changer de sac pour sortir le soir.

Autre exemple : la sémantique des mangas envahit de plus en plus le discours des jeunes. Ephémère ou pas, l’engouement est bien présent. L’Oréal l’a bien compris avec son mascara baptisé Miss Manga. En extrayant et étudiant les mots de leurs cibles, la linguistique permet d’améliorer la connexion entre marques et consommateurs.

  • Dans le langage Big Data, « on touche avec les yeux et on regarde avec les mains »

Bigdata-shareLes réseaux sociaux et le langage du web ont réussi à transformer la grammaire. Avec le digital, le possessif est associé au démonstratif : ce qui est à soi est aussi et surtout montré aux autres. Le sentiment de possession, affirmé aux yeux de tous, est davantage apprécié et ressenti, tandis que l’acte de monstration est habilement transformé. On ne montre pas, mais on partage. Ainsi possessif et démonstratif fusionnent dans différentes expressions.  Il y a eu et il y a encore le phénomène « it bag »  renvoyant « au sac du moment », au « sac qu’il faut porter », parce qu’il a été exhibé par une célébrité et parce qu’il vient d’une grande marque.  L’expression « food porn », autre tendance du moment, désigne la présentation visuelle et stylisée voire même « glamourisée » de sa nourriture. Quant aux « labos de curiosités« , où l’on partage ses passions, ses collections : ils foisonnent sur Instagram, Tumblr et surtout Pinterest.

  • Le langage Big Data est aussi et surtout Carpe Diem

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A l’image du Big Data, le langage du Web adopte  les 3V de la vitesse, de la variété et de la valeur. La mode comme la sémantique et la syntaxe sont à l’éphémère. L’internaute vit l’instant présent et ça se voit dans ses mots et la structure de son discours. Les digital women et les digital mum condensent leurs discours, en s’exprimant de façon abrégée. Devant le miroir c’est FDT pour « fond de teint » et RAL pour « rouge à lèvre ». Les enfants sont évoqués avec les abréviations BB1, BB2, FILLE1, FILLE2. Mais si l’abréviation est reine pour faire bref et efficace, elle peut aussi exprimer attention et tonalité affective. Si les digital women jonglent avec le temps pour optimiser leur énergie et leur budget, elles n’en restent pas moins mamans et femmes. Elles vont faire preuve de créativité jusque dans leurs abréviations : les internautes anglaises utilisent « DS, DG, ou DH » pour « dear son, dear girl, ou dear husband ». Et à l’ère digitale pour parler de leur mec à elles, c’est le mot « zhom » que les internautes françaises emploient, exprimant ainsi dans la contraction simplifiée, le lien affectif.
Ex : « moi je m’occupe des marchandise, du camion et des paperasses et faire la prepa de la pate et zhom fera les pizza le soir    . »
Ex : Prise de tête avec zhom parce que mes parents doivent venir manger demain soir
Ex : c’est une perle ton zhom !
La syntaxe se fait simple et le discours plus direct. C’est le langage de l’interaction et de l’échange rapide. La nouvelle stratégie digitale pour se positionner sur Twitter de l’enseigne Nicolas va dans ce sens avec le compte @DisMoiNicolas. Le tout jeune réseau social ThanksWho suit également cette logique. Il permet directement d’identifier sa cible, en la remerciant avec courtoisie ou ironie, en fonction de l’expérience heureuse ou malheureuse vécue.
Ex : « J’ai perdu 5 kg en 2 jours, ThanksWho ? Un kebab. »
Quant à l’orthographe, quand il s’agit des marques et notamment des marques de luxe, c’est presque 20 sur 20 à la dictée de Bernard Pivot. Dans la majorité des cas, à l’inverse des autres mots, les marques sont plutôt bien restituées, malgré quelques fautes de temps en temps. On constate aussi des diminutifs comme « Chacha » pour évoquer Chanel. Ces « surnoms » expriment le lien particulier qu’entretient l’internaute avec la marque. Le jour où Chanel sera écrit avec 2 « n » et Vuitton avec un « t », par la plupart des internautes, les marques de luxe pourront vraiment se faire du souci. Pour le moment, les marques ont toujours la cote et les consommatrices l’expriment en respectant leur orthographe.  Morale de linguiste : qui aime bien, écrit bien ! 🙂

Laurette Château
Linguiste et marketeuse, j’analyse les conversations et les mots du Web à l’agence digitale SEMANTIWEB.

SEMANTIWEB est une agence spécialisée dans l’analyse sémantico-syntaxique et la lecture marketing des conversations du web (forums, blogs et réseaux sociaux). Sémantiweb offre aux marques un décodage marketing des échanges spontanés du web avec des points de transformation opérationnels et stratégiques pour l’entreprise (veille marché, recherche et développement, marketing produit et communication).

Week #sémantique et #socialmedia du 5 mai 2014 : Chut !

Recenser les mots, c’est parler de la société, de ses valeurs et en donner une image à un instant T. Cette semaine, plusieurs mots ont retenu mon attention.

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  • Silence

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Brisons la loi du silence. La parole est d’argent, mais le silence est d’or. L’adage a été revisité cette semaine.

Opération marketing du silence. Pour montrer que leurs voitures électriques ne font pas de bruit : Renault a fait rouler sa Twizy dans une bibliothèque universitaire et Nissan a organisé pour sa Leaf, à l’occasion de la journée internationale contre le bruit, une course de voitures en pleine nuit, dans un petit village endormi. MoteurSilence, on roule !

– Côté Spotify, c’est silence radio. Un groupe de musique, Vulfpeck, a publié un album « Sleepify », totalement muet sur Spotify. Histoire à dormir debout ?  Ils ont récolté 20.000 dollars, pour endormir les fans. Spotify essaie de faire silence sur l’affaire. De toute façon, on en reste muets de stupéfaction et d’admiration, non ! ?

– Comment réduire au silence un compte Twitter, dont on ne veut, ou ne peut pas se désabonner, pour différentes raisons personnelles ou professionnelles ? Twitter teste actuellement la « fonction unfollow ». Bien utile, pour masquer les tweets,  qui racontent la fin de la trilogie, qu’on n’a pas encore fini de lire !

– Sur Facebook, l’entreprise américaine agroalimentaire General Mills a failli imposer son «Sois conso et tais-toi ! ». Quand les consommateurs likaient sa page, ou rejoignaient ses communautés en ligne, ils se voyaient obligés de renoncer à leurs droits de consos, et notamment à celui de poursuivre la compagnie. Heureusement, la loi de l’omerta a été brisée et l’entreprise est revenue sur son idée. Les consos ont l’esprit frondeur.

  • Décrypteur

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Et vous ? Esprit frondeur, ou décodeur et décrypteur ? Le décrypteur est un mathématicien. Il déchiffre des messages secrets, décode des messages chiffrés. Pas attiré par le métier ? Le décrypteur est un agent secret, il travaille à la NSA et roule en Porsche 911 Turbo S. Alors ? … Faut que je décrypte ?
– La NSA recrute actuellement avec des messages cryptés. Pour candidater, il faut donc savoir décoder.
Porsche a lancé en Chine la 911 Turbo S, avec des tweets codés. Il fallait une appli « décodeur » pour déchiffrer les messages. Et l’appli pouvait ensuite être utilisée, pour coder ses propres tweets. Sympa l’idée ! Cette opération a remporté un immense succès, pour plusieurs raisons. Les Chinois entretiennent une relation spéciale avec les chiffres (ex : 1 signifie “vouloir”, 2 “aimer”). L’internet chinois est un monde de chiffres. Les Chinois les maîtrisent mieux, que l’alphabet latin, ce qui explique pourquoi leurs adresses internet sont constituées de chiffres. Pouvoir coder ses propres messages, et devenir agent secret ou codeur expert, le temps d’un tweet, étaient également fun et valorisant. Et communiquer avec des chiffres codés, pour évoquer les 12 fonctionnalités de la 911 Turbo S, a permis de davantage crédibiliser la technicité de la voiture et le professionnalisme de la marque.

Alors, esprit décodeur et décrypteur ? Si les chiffres et les technologies du déchiffrement vous rebutent toujours, il est aussi possible de coder avec des mots. Jean Yanne l’a fait avec son « Dictionnaire des mots qu’il y a que moi qui les connais ». Sinon il y a les hiéroglyphes

  • Snacking Content

montre-presseeLe snacking content est le nouveau mode d’écriture sur le Web. Digital et mobilité sont ses codes syntaxiques et sémantiques. A l’heure de l’infobésité, les écrits sont survolés, zappés, vite consommés et rapidement digérés. Bref, il faut être court, concis et précis. C’est la vitesse de la lumière, qui fait loi. Ҁa doit pulser ! Selon l’International News Media Association, un internaute a une durée moyenne d’attention de 2,8 secondes, le temps d’un tweet de 140 caractères. Ni plus, ni moins ! Qui veut écrire sur le web, se met donc au snacking content. C’est le jus de l’expression. A vous de doser, pour en faire du millésime ou du jus de cravate !

Sur ce…
Excusez-moi, j’suis pressée
J’suis sur le Net infobésité
Faut que ça bouge, faut que ça pulse,
J’trie, j’suis pressée, vitesse mobilité
Vous êtes au courant ? Où courent tous ces gens ?
Influenceurs, bloggeurs, tweeteurs…
Ils courent après les honneurs, la gloire ?
Moi j’cours au plus pressé : retrouver un job
Course de fond et V de vélocité
(Raymond Devos revisité, « A plus d’un titre »)

C’est rapide et chiffré, c’est du « snacking content codé » : 39 !
Et ça veut dire Merci !

Laurette Château

Semaine sémantique du 28 avril 2014 : In ou Out ?

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Recenser les mots, c’est parler de la société, de ses valeurs et en donner une image à un instant T. Cette semaine, plusieurs mots ont retenu mon attention.

  • Rue

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Il y a la grande rue, la rue piétonne, ou la rue commerçante. Grâce au millionnaire Cédric Naudon, voici La Jeune Rue, la rue gourmande. Pavée de bonnes intentions, cette rue située dans le Marais à Paris, sera consacrée au culinaire raffiné. Pour une fois que les idées courent les rues, profitons-en ! Et si les rues n’étaient pas à sens unique, mais orientées «France Branding», lorsque touristes et nous-mêmes les arpentons. Imagine des rues made in France : ce serait la rue des fleurs, la rue du bonheur, la rue de la couture, la rue des années 20 …« You may say I’m a dreamer, but I’m not the only one”.

  • Cimagine

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Attends, je « Cimagine », de l’association « cinéma + imagine ». C’est bientôt ce que pourra dire, grâce à l’appli cimagine, toute personne intéressée par un meuble ou biblo, et souhaitant l’insérer et le visualiser dans sa maison. C’est la réalité augmentée, quand digital et réalité se combinent. Et cette 4ème dimension, qui déjoue les logiques spatio-temporelles, est très tendance.
– Publicis a présenté ses vœux, avec une vidéo qui se modifie, en fonction de son interaction avec l’internaute téléspectateur.
Elyx, le petit personnage papier, que son dessinateur insère dans les situations de la vie de tous les jours, avant de partager ses aventures sur internet, compte plus de 32 000 fans sur Facebook et 1200 abonnés sur Instagram. Et cet héros du digital street art, est désormais convié à des vernissages et autres événements people !
– Récemment au Brésil, pour dénoncer la violence envers les femmes, les lecteurs des webzines O Globo et Veja, sont rentrés en contact avec des victimes, via l’écran.

  • Maman

mum

La mère de famille a été à l’honneur cette semaine. Les données marketing d’une femme enceinte coûtent 1,50$ aux USA, contre 10 cents, pour n’importe qui d’autre. « Chères mamans », on comprend que les marketeurs les adorent et les vénèrent. Les « Digital mums » sont sur tous les fronts : sites, réseaux sociaux, forums et blogs. De l’autre côté de l’Atlantique,  Janet Vertesi sociologue à l’université de Princeton à New York, et future maman, a voulu échapper au système de traçabilité des consommateurs et de prédictions publicitaires Big Data. Disparaissant des réseaux sociaux, elle a failli se faire épingler comme « criminelle ». Si si ! Alors to be IN or to be OUT, avec le digital ? C’est qui la maman qui déchire ?

  • Shelfie

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Sur ce, je me pose dans ma bibliochaise et cadeau ! Je vous envoie mon shelfie.
Prendre ses étagères (shelf), sa bibliothèque en photo, c’est la selfie tendance du moment sur Pinterest et Twitter. Mais il y a mieux ! Renault a fait rouler sa Twizy dans une bibliothèque. Opération street marketing : pour montrer, que la mini électrique ne fait pas de bruit.
Petite confidence : je n’ai pas de Twizy dans ma bibliothèque. Mais vous pouvez aussi faire du bruit … en partageant mon article, par exemple ! 🙂

Simone n’est plus. Vive Cassandra ! Ah ! Gudule, le Big Data…

Recenser les mots, c’est parler de la société, de ses valeurs et en donner une image à un instant T. Voici les mots qui ont marqué l’actualité de ma 17ème semaine sémantique 2014.

Last Word

  • NETmundial

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Internet, c’est loin d’être clair, c’est loin d’être NET. Depuis les révélations d’Edward Snowden ex-consultant américain, sur les méthodes de surveillance du gouvernement américain, l’affaire a pris des dimensions mondiales. « Désaméricaniser » Internet, tel est l’objectif de Dilma Roussef. La chef d’état brésilienne, qui est une des victimes des surveillances, a dernièrement organisé à Sao Paulo, le NETmundial, le sommet international sur la gouvernance de l’Internet. Du terrain à la toile, onze pays dont l’Allemagne, la France et les Etats-Unis étaient coorganisateurs aux côtés du Brésil. S’il est prévu que d’ici 2015, le gouvernement américain se retire de la gouvernance de l’Icann, la nécessité d’un internet neutre n’a pas été actée. La Quadrature du Net est déçue. En signe de protestation, le OurNETmundial a été créé.
Lignes de tension, stratégies, influence, arbitrage et stars :  la balle est encore dans le jeu américain.

Pendant ce temps-là, à l’échelle individuelle, les mêmes sujets étaient abordés. Bonne nouvelle ! Il semblerait bien qu’on vive tous sur la même planète : celle des GEEKS et des GIT (GirlsInTech).

  • Newsjacking

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Le newsjacking est le détournement de l’information, pour son propre compte. Vitesse, Visibilité, et Volume : le newsjacking fait fureur sur les autoroutes du Net. Journalistes, blogueurs, influenceurs, et marketeurs sont dans les starting blocks et difficile de les différencier. A fond la veille ! Aux stations du buzz, c’est le plein de bananes, après la rupture en stock des lamas et des selfies, et avant l’apparition d’une nouvelle Web-essence. Côté girls, tant pis pour Simone ! Désormais, on embarque avec des Girls in Tech (GIT), comme Cassandra, système de gestion de données décentralisées. Contrairement au car jacking, on ne coupe pas le contact, mais le verrouillage est conseillé. Les pirates sont des hackers et portent un nom : Heartbleed, Zero Day…. Conseil digital : ne pas les toucher, au risque de s’en mordre les doigts !

  • Multi Devices

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Les Geeks et les Gits sont multi devices. Grâce aux nouvelles technologies, ils se retrouvent à différents endroits, en même temps. Ils peuvent être en magasin et simultanément, sur internet, à comparer les prix. Ils peuvent commencer une activité sur un appareil et la terminer sur un autre device. A l’heure IdO (Internet des Objets) ou IoT, est Passe-muraille qui veut ! Pas besoin d’être un dieu ou un super héros pour avoir le don d’ubiquité. Il n’y a qu’à lever le doigt. Un doigt de fée sur le smartphone, la tablette ou autre objets connectés et c’est « fingers in the nose » ! On peut tout connaître et savoir sur le bout du doigt ! Le monde, les stars sont à portée, enfin presque …

  • SMAC

SMAC

Sur ce, « SMAC » !  et Bonne semaine !
Chaleureux, sonore et baveux !?
Eh ! What did you expect ? Non, ce n’est pas ce que vous croyez ! Il s’agit de l’abréviation Social Mobile Analytics Cloud désignant les nouvelles technologies du Cloud, du mobile, du social, du Big Data et de l’analytique. Selon le cabinet d’analystes IDC, les sociétés qui vendent ces technologies verront leur budget marketing augmenter six fois plus que le reste de l’industrie en 2014. Et toujours selon IDC, fin 2016, toute l’industrie va consacrer plus de la moitié de ses budgets au online, plutôt qu’au offline.

Votre cœur s’emballe ? C’est l’effet SMAC. Ah! Gudule c’est le progrès, le #BigData et l’on vit comme ça, jusqu’à la prochaine fois….

Laurette Château

Semaine sémantique du 17 mars 2014

Recenser les mots, c’est parler de la société, de ses valeurs et en donner une image à un instant T. Cette semaine, plusieurs mots ont retenu mon attention.

  • Clickwalker

ImageAvant t’étais consommateur, puis consomm’acteur, aujourd’hui avec le Big Data, les réseaux sociaux, le crowdmarketing et la géolocalisation, tu deviens ClickWalker. Tu click and walk. Dans les magasins tu walk and click.Tu peux porter des santiags, si tu veux. Quoique pour les courses… Mais ton Stetson, c’est ton smartphone. Et tes mots, tes photos, tes vidéos, ce sont des données, que le marketeur va analyser. Alors la chanson du générique « The eyes of a ranger are upon you », t’oublies, car en fait, c’est toi qu’on regarde et qu’on scrute. En même temps, t’as bien voulu jouer le jeu. Alors ne te plains pas, si tu deviens…

  • Antisocial

« Tu masques ton visage, en lisant ton journal. Tu marches tel un robot, dans les couloirs du métro… Antisocial. »
Non, il ne s’agit pas du Parisien. Et oubliez l’idée. La pub à laquelle vous pourriez penser : ce n’est que pour faire rire dans les salles de cinéma. En fait, c’est la chanson du groupe de hard rock français Trust, des années 80. Et avec les Social Media, les Réseaux sociaux, les communautés, les fans, les followers et le tout connecté … C’est le souhait de disparaître aux yeux de certains contacts, souhait exaucé par l’application Cloak pour iOS, grâce à Instagram et Foursquare. French paradox ? Non, l’invention est américaine. Mais « Pour vivre heureux, vivons cachés », c’est français.

  • Bonheur

Vise un peu ! Le 20 mars : Journée international du Bonheur… Alors Heureux ?
C’est quoi le bonheur…, pour vous, pour toi ? Des instants, des années, tous les jours, un jour dans la semaine ? Monday, Tuesday, #HappyDay ? Le bonheur, on le veut tous ! Encore faut-il réussir à l’attraper. Eurostat a tenté de le CALCULER ! de façon OBJECTIVE ! Tu calcules ! Le bonheur, c’est aussi simple que les maths. T’étais nul en maths : ah, c’est pas de chance ! Je vais être sympa, je te donne la formule : Espérance de vie + Âge de déscolarisation + PIB par habitant. Alors heureux ?
Le bonheur, c’est peut-être plus simple que ça … Non ? Tout le monde a le droit au bonheur, comme nous l’ont si bien montré cette semaine, tous ces jeunes trisomiques, en écrivant leur lettre à une future maman, à l’occasion de la Journée mondiale de la trisomie 21, le 21 mars.

  • Francophonie

ImageQuoi ?!!!!!!!!!!!!!!!  Le 20 mars, c’était aussi la Journée internationale de la Francophonie !
Eh, Guy, Sorry ! En même temps, big gap avec #HappyDay : fallait faire un choix ! Et puis tellement surbookée en ce moment : briefing et debriefing. Y’a un nouveau boss, donc brainstorming : on s’est pris la tête côté storytelling, brand content à revoir… et puis avec le cross canal ! J’te dis pas ! Enfin cool, no stress on a trouvé le bon mix, ça match bien. Success story assurée.
Que je QUOI ? Que je traduise ? Euh……..
En SMS ! Non mais Allô QUOI ! J’hallucine !
Heureusement côté orthographe et grammaire, depuis peu sur Twitter, il y a « Bescherelle ta mère ». Paraîtrait que les éditions Hatier souhaitent embaucher ce justicier des fautes. Faudrait qu’il fasse aussi un tour à la télé : « Que les Françaises sont jolies », sans « F » majuscule. Je veux bien être jolie, mais avec un « F » Majuscule, s’il vous plaît ! La femme objet, c’est dépassé !

Sur ce « Que ma Joie demeure !»  et la vôtre aussi ! Selon une étude américaine, la bonne humeur se propage mieux que la mauvaise, alors n’hésitez pas à partager ! Tu viralises ?

Laurette Château

Xiaomi : elle a tout d’une grande !

Xiaomi-

Xiaomi est-elle en train de prendre la place d’Apple et de Samsung ? 4 ans seulement après sa création, la marque chinoise Xiaomi se retrouve en tête du palmarès des startups valorisées en milliards de dollars, à côté de Dropbox. Surnommée l’ « Apple chinois », elle est estimée à plus de 10 milliards de dollars. En proposant sur le marché chinois des smartphones à moins de 1.000 yuans (120 euros), Xiaomi vend plus de téléphone qu’Apple et durant le mois de décembre 2013 la marque a fait reculer les ventes de téléphones Samsung. Quelle est la stratégie  de Xiaomi ?
La fameuse marque dispose de 4 grands atouts.

  • Son créneau : du haut de gamme low cost

Xiaomi 2

Le premier atout de Xiaomi est sans conteste son positionnement sur le marché des smartphones. La marque propose des téléphones haut de gamme, deux fois moins chers qu’un iPhone. Equipant tous les terminaux de sa marque avec son propre système d’exploitation Androïd, Xiaomi en est à sa troisième génération de smartphones.  Avec le smartphone Xiaomi HongMi 2 prévu pour avril 2014, avec un écran 5,5 pouces HD,  Xiaomi interviendrait aussi dans la catégorie des phablettes, avec un processeur de 4 à 8 cœurs selon les versions.  Xiaomi souhaite également conquérir d’autres marchés, comme celui du Japon qui est saturé, en proposant un smartphone à moins de 50$. Avec des composants de qualité, c’est un rapport qualité/prix imbattable ! Et Xiaomi poursuit son développement en fabriquant d’autres accessoires, comme des routeurs Wifi, ou des smart TV. Des appareils « intelligents » pour la maison sont envisagés. Et récemment défiant toute concurrence, Xiaomi a annoncé la commercialisation sur le marché chinois d’une batterie externe de 5200 mAh, pour 4 euros seulement !

  • Un storytelling à la Steve Jobs

Lei JunXiaomi a par ailleurs une stratégie marketing parfaitement rodée.
En jeans et baskets sur scène pour présenter ses derniers modèles, Lei Jun, l’un des deux fondateurs de la marque,  incarne le Steve Jobs chinois.
Autre levier marketing très efficace : Xiaomi vend ses smartphones sur internet en petites quantités. Ainsi lorsqu’un nouveau modèle apparaît, il disparaît en un rien de temps. Mi-novembre 2013, dès sa mise en ligne le MI-3 a été vendu à 100 000 exemplaires en 86 secondes. Effet gagné !

  • Hugo Barra, l’atout star internationale de Xiaomi

hugo-barra-xiaomi
Depuis l’été dernier, Xiaomi a également gagné toute l’attention du monde Androïd en allant chercher les services d’un personnage très réputé auprès des développeurs et des technophiles : Hugo Barra. Vice-président de la division développement d’Android chez Google pendant 3 ans, Hugo Barra affiche clairement ses ambitions de faire évoluer la société vers l’international et de faire de Xiaomi un acteur mondial. Début janvier, visant le marché international et l’Asie du Sud-Est, la firme chinoise s’est installée à Singapour. Avec 20 millions de smartphones vendus en 3 ans et représentant 5% de parts de marché du smartphone, Xiaomi souhaite atteindre une production de 40 millions d’unités en 2014.

  • La communauté MIUI

LogoMiui14Une autre force de Xiaomi, c’est sa communauté de fans. Selon une logique d’échange et de co-développement, Lei Jun est souvent sur Weibo pour solliciter l’avis des fans de Xiaomi. Par ailleurs en customisant le système d’exploitation Androïd, Xiaomi a créé la Rom Miui, qui rassemble une large communauté sur les réseaux sociaux. Et la communauté Miui très présente sur les réseaux sociaux, et notamment sur les forums, donne une très bonne image de la marque et participe à son développement. Ainsi pour ceux qui auraient des appréhensions concernant le SAV, la non compatibilité avec le réseau français ou encore les risques de contrefaçon : la communauté Miui est là pour rassurer et expliquer. Et puis on imite que les grands ! Les fans espèrent une boutique officielle européenne très prochainement.

Xiaomi a donc tout pour réussir. Réussira-t-elle à augmenter ses marges en s’appuyant sur les accessoires et en monétisant ses services sur smartphones ? Rappelons que début janvier lors d’une visite en Chine, Steve Wozniak, co-fondateur d’Apple a fait la promotion de son Xiaomi Mi-3 au siège de Xiaomi. Ce n’est pas la première fois que Steve Wozniak vante les mérites d’un concurrent, mais l’affaire est à suivre !
Laurette Château

Semaine sémantique du 10 mars 2014

Recenser les mots, c’est parler de la société, de ses valeurs et en donner une image à un instant T. Cette semaine, plusieurs mots ont retenu mon attention.

blackout

  • La panne

Rien ne va plus ! Stupeur, tremblement et tweets tweets tweets, après Facebook la semaine dernière, c’est au tour  de Youtube et Twitter cette semaine, d’être en panne et de nous laisser en plan. Site et applis mobiles inaccessibles et cause de la panne inconnue. Ah ! Si ! Youtube évoque la page 502 ! Imaginez un monde sans réseaux, sans médias sociaux : Blackout…Liquidation …Die HARD 4 …au menu également de cette semaine.

  • Le baiser

Heureusement, la marque de vêtements américaine Wren a remis au goût du jour, un autre moyen pour rester connecté même avec des inconnus. La réalisatrice Tatia Pilieva a demandé à 20 inconnus de s’embrasser pour la première fois. Mais ce « First Kiss », comme dirait Cyrano : « Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ? Un serment fait d’un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui veut se confirmer… ». Je vous laisse regarder et deviner la suite… On en rougit encore. Envie d’essayer : attention au mot suivant.

pain

  • Le pain

Qu’est-ce qui nous fait lever de bon matin et accompagne l’odeur du café ? Le pain ! On aime aussi la pause sandwich du midi : la croûte qui craque sous la dent, la mie moelleuse mariée au beurre ou à la mayo, et les tomates, poulet, jambon, fromage qui débordent… Aux USA, on ne salive plus. Et Subway déguste grâce à sa recette à l’azodicarbonamide, agent gonflant utilisé dans la fabrication des tapis de yoga, mais aussi dans celle de ses petits pains. Gonflé, non ! Subway croyait faire recette avec la multiplication des petits pains. La marque a du pain sur la planche, si elle veut éviter de se prendre un pain ! Bad buzz assuré : nous n’en perdrons pas une miette.

Colibri

  • Le colibri

Le colibri est un oiseau de petite taille au plumage coloré. S’il est reconnu pour ses colères, il demeure malgré tout inoffensif et au final, assez ordinaire. Alors pourquoi en parler ? Cette semaine, à l’occasion du 25e anniversaire d’internet, son créateur Tim Berners-Lee a rappelé combien il était important que les internautes ne perdent pas leur liberté, en demandant la création d’une charte de l’Internet. Google a fait du colibri un algorythme : le Google Colibri. Que penser de ce nouvel oiseau du Web ? Un oiseau de mauvais augure qui supprimerait les petits producteurs de contenus et les sites informatifs, comme le prédisent certaines analyses ?

tweet bien pendu

  •  « avoir le tweet bien pendu »

Une récente étude des agences UTA Brand Studio et uSampde montre que les Américains n’apprécient pas trop Twitter. L’usage du microblogging est toutefois bien implanté en France. A l’heure où Le Point propose un hors-série exceptionnel sur les expressions préférées des Français, ces derniers auraient donc le tweet bien pendu comparé aux Américains !

algorythmé

  • « algorythmé »

En quoi le Big Data et les médias sociaux ont changé votre vie ? Elle est toujours aussi rythmée, voire même algorythmée ! De la real life à la virtual life, c’est donc une histoire d’algo ! Ouf, il ne s’agit pas d’Ego !
Mais, si vous voulez partager mon article…N’HESITEZ PAS.
Laurette Château

Les Selfies, un usage à la mode

Le « Selfie » ou « self-portrait » désigne la publication d’un autoportrait sur le net réalisé avec un smartphone. Si Twitter et Facebook sont très utilisés, c’est surtout sur Instagram que le phénomène est le plus répandu.

Quelques chiffres :

  • Plus de 7 millions de résultats aujourd’hui référencés par Google pour la recherche « selfies »
  • 35 millions de selfies sont générés chaque mois au Royaume uni
  • Les Selfies sont surtout réalisés par des femmes.

Une photo en elle-même n’est pas intéressante, mais l’assemblage de plusieurs photos le devient, car il raconte une histoire. Les pros du selfie vous diront qu’il faut faire attention à la couleur, au thème, à l’ambiance que l’on souhaite transmettre, et pour certains qu’il ne faut pas avoir d’espace entre les photos. En fonction de l’image et du message que l’on veut faire passer, c’est tout un art : « il faut transmettre une unité ». C’est comme un book pour un mannequin. Par exemple, Cara Delevingne est une habituée du selfie.

selfie de Cara Delevingne

Selfie Instagram-Cara-Delevingne-Birthday

De même, Benny Winfield Junior alias @mrpimpgoodgame, qui avec plus de 110 000 followers sur Instagram est l’un des leaders du selfie sur le Web. Il prend toujours la même pose. Son message à lui c’est « be happy ».

selfie mrpimpgoodgame

Les marques aussi se mettent à l’heure « selfie »

Pour le lancement de sa collection de collants, Etam a proposé le « selfie legs », le « selfie jolies jambes ». Les candidates enfilaient leur collant préféré, photographiaient leurs jolies jambes et postaient leur selfie sur le site dédié ou sur Instagram.

Etam selfies legs

Disney vient de lancer une photo de Dark Vador pris en flagrant délit de selfie !

Disney  Selfies Dark Vador